Les figures de style (ou figures rhétoriques) sont des procédés d’expression s’éloignant de l’usage habituel de la langue et destinés à toucher, séduire, convaincre… le destinataire du message ou le lecteur.

I- LES FIGURES D’INSISTANCE servent à souligner l’idée portée par un mot ou un groupe de mots en la mettant en valeur.
• répétition c (en particulier le cas des refrains, dans les poésies ou les chansons).
• anaphore = répétition d’un même mot ou groupe de mots en tête de phrase, de proposition ou de vers : Te voici à Marseille au milieu des pastèques/Te voici à Coblence à l’hôtel du Géant/Te voici à Rome assis sous un néflier du Japon (Apollinaire)
• parallélisme = reprise de la même construction rythmique ou syntaxique en deux endroits d’un même énoncé = > mise en valeur de leur rapport étroit : Je suis la plaie et le couteau !/Je suis le soufflet et la joue ! (Baudelaire)
• chiasme = parallélisme qui dispose ses termes de manière croisée, selon le schéma AB/BA :
Que de soucis flottants ! que de confus nuages (Corneille)
nom/adjectif adjectif/nom
• accumulation = énumération de termes de même nature et même fonction. On lui fit un beau cheval de bois qu’il faisait parader, sauter, voltiger, ruer et danser en même temps…. (Rabelais) La gradation est une accumulation de termes d’intensité + ou-.
• hyperbole = ensemble des procédés d’exagération : Je suis mort, au lieu de : Je suis fatigué.

II- LES FIGURES D’OPPOSITION réunissent dans une même phrase ou une même expression des termes opposés par le sens.
• antithèse oppose très fortement deux termes ou deux ensembles de termes. Un noble, s’il vit chez lui dans sa province, il vit libre mais sans appui ; s’il vit à la cour, il est protégé mais il est esclave. (Jean de La Bruyère)
• oxymore = contradiction entre deux termes juxtaposés ou coordonnés. Cette obscure clarté qui tombe des étoiles (Corneille)

III- LES FIGURES DE SUBSTITUTION consistent à remplacer le mot ou l’idée que l’on souhaite énoncer par un autre mot ou une autre expression qui ajoute une nuance de sens.
• euphémisme = substitution d’une forme plus adoucie et nuancée, dans le but d’atténuer ou de masquer la réalité : Il n’est plus, au lieu de : Il est mort.
• litote, = atténuation de l’expression pour en renforcer le sens (dire moins pour faire entendre davantage) : Va, je ne te hais point ainsi dit Chimène dans Le Cid (Pierre Corneille) à Rodrigue pour donner à entendre qu’elle l’aime envers et contre tout.
• antiphrase = sous-entendre le contraire de ce qui est affirmé (figure privilégiée de l’ironie.) Pour inciter Mariane à réagir et à refuser son mariage arrangé avec Tartuffe, la servante Dorine lui dit ainsi : Vous vivrez trop contente avec un tel mari. (Molière)

IV- LES FIGURES D’ÉQUIVALENCE consistent à rapprocher deux termes ou expressions en établissant entre eux une équivalence de sens. Soit ces deux éléments sont mentionnés ensemble dans l’énoncé, soit un seul des deux est présent.
• La comparaison : Et quand il a fui — tel qu’un écureuil/Son rire tremble encore à chaque feuille (Rimbaud)
• métaphore = transposition de sens qui permet de rapprocher deux éléments par d’analogie, sans outil comparatif.
− explicite quand les termes rapprochés sont présents tous les 2 : Sa jeunesse n’a-t-elle pas été l’aurore d’un soleil levant ? Musset
− implicite lorsque seul le comparant est exprimé : Tout l’or des nuits… (Apollinaire)
− Lorsqu’une métaphore se développe au fil d’un texte, on parle de métaphore filée.
− La personnification = métaphore qui confère des caractéristiques humaines à une entité abstraite, un objet ou un élément naturel.
− La prosopopée = personnification prêtant la parole à une entité abstraite, des êtres inanimés… : Et la rivière dit : Je ne veux rien savoir, Je coule pour moi seule et j’ignore les hommes. » (Supervielle)
− L’allégorie présente une entité abstraite sous une forme concrète : Par exemple, ce « monstre » qui nous hante… C’est l’Ennui ! — l’œil chargé d’un pleur involontaire, Il rêve d’échafauds en fumant son houka. (Baudelaire)
• métonymie = une relation logique entre un objet désigné et le mot employé pour le remplacer. On peut ainsi désigner : le contenu par le contenant : boire un verre ; l’activité par le lieu où elle est exercée : Bruxelles a décidé… (au lieu de : la Commission européenne a décidé…) ; l’objet par sa marque, sa cause ou son origine : un Picasso, du bordeaux.
• synecdoque = repose sur un rapport d’inclusion entre le terme désigné et celui qui le désigne : Une voile, au lieu de : Un navire.
• la périphrase remplace un mot par une expression de sens équivalent : Le pays du Soleil levant = > Le Japon.